Aujourd’hui la personne dont nous allons parler pourrait avoir 17 ans, 40ans, 75 ans… Être un homme, une femme, nonbinaire… peut importe… c’est finalment si universel… Alors appelons-là Sacha comme ça elle les représente tous.tes.
Sacha vient me voir “au bout du rouleau”, n’en peut plus et se demande ce qu’iel fout sur cette terre. Ça fait des années que ça dure, mais c’est encore pire ces derniers mois. En vrai iel vient pour faire plaisir à sa mère. Sacha a passé son adolescence de psy en psy, sa mère lui a fait avaler 1000 et une potions, l’a amené voir une magnétiseuse, une naturopathe, lui a fait faire de l’hypnose, de la sophro….
-Et tellement d’autres trucs que je saurai même pas vous dire !
- Et là ?
- Là, elle est allée à une conférence qui vous donniez et elle m’a dit que vous alliez pouvoir m’aider.
- Vous aider à quoi ?
- A vivre surement
- Ça se n’est pas en mon pouvoir. Vous seul avez ce pouvoir.
- Elle m’a dit que ça devait s’expliquer par rapport à un truc de mon enfance, que vous pouviez déprogrammer le truc ou je sais pas trop quoi…
- Ok on verra ça plus tard. Pour l’instant parlons de vous maintenant. Comment vous sentez-vous ?
-L e problème c’est que j’en peu plus en fait. Ma tête est un enfer. Je n’ai plus la force. Et ma mère n’entend rien. - Que devrait-elle entendre ?
- J’ai besoin de faire pause. Ça fait des mois que je lui dis que j’ai besoin d’antidépresseurs mais elle refuse de l’entendre. Elle me dit que ce n’est pas une solution… Que c’est pas des cachets qui vont me guérir… Que je vais sombrer encore plus… le truc c’est qu’à force de ne pas voir d’issu c’est plus à une pause que je pense. J’ai peur de moi de plus en plus.
- Et qu’attendez-vous des anti-dépresseurs ?
-Du repos ! J’aimerai que ça calme tout ce bordel et que je puisse redormir. Ça fait des mois que j’ai pas fait une nuit complète. Je fonctionne en monde sans échec. Au minimum. J’suis un zombie au boulot. Je sors plus. J’ai quasi plus d’amis. Tout me prend une énergie folle. Même me faire à manger certains jours est insurmontable. - Pourquoi n’avez-vous pas consulté ?
- J’veux pas aller voir notre médecin de famille
- Vous n’avez pas besoin d’une orientation de votre médecin traitant pour aller voir un psychiatre.
- Ah, mais un psychiatre c’est un peu trop non ?
-Un psychiatre est un MÉDECIN spécialiste des souffrances psychiques, ce que vous me décrivez. Si vous aviez une insuffisance rénale, vous iriez chez votre généraliste “par que c’est un peu trop” un néphrologue ? (Oui c’est comme ça qu’on les appelle les spécialistes des reins). - Oui mais ces médicaments vont pas me soigner ?
-Il mettra en place un traitement en fonction de votre état et de vos besoins. Traitement qui va vous permettre de souffler, vous soulager, dormir et reprendre des forces. Ce qui, au vu ce que vous me partagez, semble être la priorité absolue. - Ah j’avais raison !
-En réalité ce que dit votre mère est juste aussi. Si vous voulez que cette béquille ne devienne pas une prothèse alors associez-le avec un accompagnement qui vous permettra de mieux vous comprendre, de vider votre sac de tout ce qui vous encombre et vous fait souffrir depuis si longtemps, de (re)trouver en vous l’envie d’avancer, d’expérimenter, de vivre. C’est juste qu’il y a un ordre des choses et que quand la souffrance est trop grande c’est demander la lune à quelqu’un que de lui dire d’avancer malgré tout. Il peut le faire mais ça lui prend une énergie de fou… que parfois on en n’a plus à disposition… et quand la jauge est vide c’est là que survient le danger… parce qu’il ne semble plus y avoir d’issue. - Et y en a une ?
-Oh ouiiii ! Mais vu dans ces moments-là sa vision est tellement rétrécie on y voit qu’une jauge vide et on n’arrive plus à voir tout ce qu’il y a autour et les nombreux endroits où remplir sa jauge. - J’aimerai tellement y croire. Donc en clair vous me conseillez d’aller voir un psy et de faire un suivi en parallèle.
-C’est plus qu’un conseil. C’est votre besoin que VOUS avez identifié. Qui mieux que vous pour savoir ce qui est bon pour vous ? Donc oui vous avez besoin de consulter un psychiatre, qui lui jugera de la nécessité ou pas d’un traitement. C’est son métier, pas le mien. Ensuite nous avancerons ensemble si vous le souhaitez. D’ailleurs ça peut être moi ou quelqu’un d’autre, que vous avez déjà rencontré ou que vous choisirez vous-même. - C’est bizarre
- Quoi donc ?
- Vous êtes la première à me dire d’aller voir quelqu’un d’autre.
- C’est vous qui avez le pouvoir. C’est important. Le pouvoir de choisir votre thérapeute, le pouvoir de faire ou pas un suivi, le….
- Pouvoir de vivre ou pas
- Aussi
- Et ça ne vous fait pas peur ?
- Quoi ?
- Que je vous dise que je peux choisir de mourir
- Ce serait votre choix.
- Mais vous auriez échoué !
- Échoué à quoi ?
- A me faire vivre !
- Rappelez-vous le début de notre séance. Je vous ai déjà dit que je n’avais pas ce pouvoir là. C’est vous qui détenez ce pouvoir.
- Alors à quoi vous servez ?
- Qu’attendez-vous de moi ?
- Que vous m’aidiez à ne plus souffrir
- Et si vous ne souffrez plus, comment vous sentiriez-vous ?
- Euhhhh
- Vous souvenez d’un moment ou d’une période sans souffrance ?
- Euhhh enfant ?
- Ça peut oui
- Quand mon père m’a appris à faire du vélo ! On était en vacances à la montagne !
- Et vois avez réussi du premier coup ?
- Oh non ! Il avait décidé que j’apprendrai direct sur les chemins de balade. J’en ai pris des gamelles !
- C’est ça votre souvenir sans souffrance ?
- Hihi c’est vrai que quand j’y repense j’en ai bavé ! J’ai même pleuré un paquet de fois ! Mais ça reste un de mes moments préférés avec mon père. Parce qu’il était là, parce qu’il n’a pas laché, parce qu’il me criait “vas-y tu, continu, vas y arriver, pédale, pédale!!!” avec un tel entrain que j’ai fini par y croire.
- Et vous avez réussi ?
- Ah ça oui ! J’ai même fait quelques compet’ de VTT !
- Finalement vous aviez la ressource
- Oui c’est vrai
- Et bien là c’est pareil, vous n’y croyiez pas au début et puis…
- Enfin elle était bien enfouie !
- Il me semble que là aussi
- Pas faux… Ça va prendre du temps ?
-Aucune idée ! Comment vous êtes-vous senti la première fois que vous avez réussi à pédaler seule sur ce chemin caillouteux ?
-Roooo tellement fière ! Et libre ! C’est comme si le monde m’appartenait ! Et j’entendais mon père hurler de joie en fond ! C’est grisant ! - Et ça vous dit de ressentir à nouveau cela dans votre vie ?
- Mon père est mort.
- Ça ne vous empêche pas de ressentir à nouveau cela dans votre vie
- Mais il était tout pour moi
-Et aujourd’hui vous êtes tout pour vous. Vous la voyez cette petite fille qui file avec son vélo ? Vous entendez son père hurler sa joie ? Vous sentez combien elle se sent fière, libre ? Combien c’est grisant ? - Oui
- Maintenant inspirez toutes ces sensations à l’intérieur de vous, toute cette fierté, cet amour, cette confiance, cette présence. Tout s’installe à l’intérieur de vous. Sentez votre cœur se gonfler de joie de pédaler, d’y arriver…. Vous êtes libre, le monde vous appartient…
Une larme coule le long de sa joue… Et rajoute d’une voix étranglée
- Merciiii, j’avais oublié
- Avec plaisir. Je vous donne le nom de deux psychiatres, je ne les connais pas personnellement, je les connais au travers de certains de mes clients que j’y ai envoyé ou qui étaient déja suivis par eux. Voyez de votre côté aussi et choisissez celui qui vous convient.
- Ok je m’en occupe dés aujourd’hui. Et nous on peut reprendre rdv ?
- Oui on peut
- Dans combien de temps ?
- C’est vous qui choisissez. De quoi avez-vous besoin ?
- Euhhh dans 15 jours ça irait ? Ça me laisserait le temps de voir le psy.
- Parfait. Entretemps je veux que vous vous replongiez aussi souvent que nécessaire dans ce souvenir où vous filez sur le chemin, comme si vous y étiez. C’est ma prescription. Ça et le rdv e pkus tôt possible avec le ou la psychiatre. Et évidemment si besoin vous n’hésitez pas.
- Merciiii. Vraiment.
- Comment vous sentez-vous ?
- Épuisé ! Mais un épuisé bien.
- Alors à bientôt et soyez doux avec vous-même. Vous entamez un chemin de convalescence. Donc d’abord on reprend des forces. Ok ?
Précision : les cas ici contés sont INSPIRÉS de mon travail, ce n’est jamais l’histoire unique d’une personne, secret professionnel et respect oblige. Les situations, prénoms, dates, lieux et pathologie ont été modifiés.Délicieuse journée joli toi
Sylvie
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