C’est l’histoire d’une diplomate devenue prof

39 ans. Enseignante. Disons qu’elle s’appelle Lise. Quand elle arrive dans mon cabinet elle me parle de son épuisement permanent, de l’ennui profond qu’elle a à vivre sa vie….- En vrai j’ai honte de vous dire ça parce que de l’extérieur on a vraiment l’impression que j’ai une jolie vie. J’ai un boulot sympa, je suis fonctionnaire, je suis en couple, on a 2 magnifiques enfants, on a acheté une maison… Mais bon rien n’y fait. Ça vibre pas. C’est comme si je traversais la vie sans la vivre. Je sais que c’est bizarre à dire hein…

– Rien n’est bizarre. Ce sont vos ressentis. Ils vous appartiennent et en cela ils sont justes. Depuis quand ressentez-vous cet ennui profond ?

– Heuu…. Depuis toujours ?

– Vous êtes né ainsi ?

– Ah non quand même pas, rétorque-t-elle en esquissant un sourire

– Enfant ? Adolescente ?

– …

– Adulte ?

– Disons depuis une quinzaine d’années…

– Que viviez-vous alors ?

– … euh… je venais de rencontrer Baptiste… on s’est connu au lycée où je bosse… j’y suis toujours d’ailleurs

– Ok et avant ça alors ? Comment vous sentiez-vous ?

– Avant ?

– Oui, avant de vous ennuyer c’était comment ? Vous avez toujours voulu faire prof ?

– Ah ben pas du tout ! J’voulais devenir diplomate !

– Qu’est-ce qui vous plaisez dans ce métier ?

– Les voyages d’abord ! Mes parents m’ont donné le goût du voyage. Ils sont instit alors les vacances d’été on a toujours profité ! La première semaine de vacances on faisait le rangement de l’année et on préparait nos bagages, ensuite on partait un mois visiter le monde avec le camping-car et les 3 dernières semaines on se remettait dans le rythme en douceur : révisions, préparations de leurs cours, plage, course de rentrée, sorties nocturnes… Et puis diplomate ça me permettait d’apprendre encore et toujours… langues, cultures, histoire… et puis la géo-politique ! Ça m’a toujours passionnée ! Même gamine ! Je m’étais amusée à apprendre toutes les capitales du monde même avec leurs anciens noms !

– Ah oui quand même ! :p Et que s’est-il passé ?

– Oula ! C’est une longue histoire !

– Je vous écoute

– Alors… j’ai toujours adoré l’école, pas pour les copains ou copines, moi j’adorais l’école parce que j’adorai apprendre. D’ailleurs pas qu’à l’école. Tout le temps. J’ai eu mon Bac S à 16ans avec mention, je suis partie en prépa sciences po.

– A 16ans ?

– Oui j’ai adoré ! J’étais logé à Paris dans une famille. J’avais ma chambre à moi, ce qui changeait de la maison où je partageais ma chambre avec ma sœur qui préférait danser et chanter que réviser. Je n’avais rien à faire d’autre que de réviser. Je vivais dans mes bouquins et j’en sortais pour manger et aller en cours. Quand je retournais l’été chez mes parents c’était pour voyager. Roooo c’était le paradis ! J’ai fait ce qu’ils appellent maintenant un master et je me suis présentée au concours de l’ENA. Je l’ai raté. C’était la cata. Pour la première fois de ma vie je ratais un truc ! J’ai du rentrer dans le sud, j’ai trouvé un remplacement de prof d’éco-droit en attendant de repasser le concours. Je l’ai à nouveau raté. J’étais au 4ème dessous. Mes parents et mes collègues me disaient de passer l’Agreg (concours de prof) ce que j’ai fait l’année suivante en même temps que l’ENA. J’ai réussi l’Agreg et pas l’ENA. Je suis devenue prof et pas diplomate.

– Vous aimez votre métier ?

– J’ai aimé oui, au début, il y avait tout à apprendre, je passer des heures à faire des recherches, à apprendre de nouveaux trucs

– Et maintenant ?

– Maintenant je m’ennuie. C’est toujours la même chose.

– Et dans votre vie perso ?

– Ma vie perso…. Ben une vie rangée qui tourne autour des enfants, du boulot et de la maison qu’on a acheté et fait rénover entièrement, comme l’appart’ d’avant d’ailleurs. Voilà.

– Vous ne voyagez plus ?

– Non, juste des vacances dans la famille, chez des amis. Tout notre budget et notre énergie va dans les rénovations d’abord de l’appart et maintenant de la maison. Je l’ai voulu en même temps ! Et ça nous a permis de pouvoir nous offrir cette belle villa.

– Ok. Donc si je résume… ce qui vous passionne et vous fait vibrer : voyager, découvrir de nouvelles langues, cultures, histoires, apprendre et apprendre encore…. Autre chose ?

– …

– Et quelle place dans votre vie pour ces choses qui vous font vibrer ?
Elle me regarde les yeux embués de larmes.

– Aucune. Je viens de m’en rendre compte.

– Ce que vous vivez s’appelle un bore-out c’est une fatigue intense due à un ennui profond, une perte de sens

– Je connaissais le burn-out mais jamais entendu parler du bore-out

– Et pourtant… Vous avez, sans vous en rendre compte, enlevé de votre vie petit à petit tout ce qui la rendait jusqu’alors pétillante, intéressante, tout ce qui vous fait vibrer, qui vous nourrit alors oui vous ne vous y retrouvez plus, la vie perd son sens et de vivre cette vie sans saveur ne vous recharge pas d’où cette profonde fatigue…

– Mais quand même j’ai un mari adorable que j’aime, j’ai des enfants trop choupinou (même s’ils savent aussi très bien me rendre chèvre hein :p ), j’ai un métier avec des vacances, un salaire qui tombe à date fixe, une maison qui bientôt va être jolie, même mes élèves sont chouettes surtout depuis que j’ai que des terminales

– Oui mais tout ça c’est extérieur à vous, c’est le contexte. Ça contribue au bien-être certes mais ça ne nourrit pas votre Être

– En même temps entre le travail, les enfants, les travaux incessants…

– Alors entendons-nous bien : vous avez fait de votre mieux ! C’était le temps de cela, vous aviez peut-être besoin d’installer votre nid

– Oui c’est vrai que c’est important pour moi que ma ptite famille soit bien installée dans une jolie maison avec un jardin pour les enfants et des arbres pour moi pour m’assoir en dessous et rêver, lire et un potager pour Baptiste ! C’est un fan de permaculture et le ptit balcon qu’on avait à l’appart’ ne lui suffisait plus !

– Donc vous avez répondu à vos besoins de base : sécurité. Vous avez fait du bien à votre cerveau reptilien (en charge de la survie). Avec la maison et la fin des travaux vous faites du bien à votre limbique (en charge des émotions pour schématiser), lui il a besoin d’harmonie, de bon, de beau. C’est le joli jardin, la chaise longue à l’ombre des arbres, les enfants heureux qui jouent sur le trampoline, le mari qui s’éclate dans son potager… Reste que votre cortex et votre néo cortex qui, eux, ont besoin de nouveaux, d’apprendre, de projets, de sens ils ont faim ! Alors ça a fonctionné bon an mal an parce que vous le nourrissiez de projet familiaux : les enfants, les achats et rénovation de biens… oui mais voilà les enfants c’est une affaire qui roule et la maison est bientôt finie… 15 ans que vous êtes au service des besoins de votre ptite tribu. Vous avez réussi. Tout est en place. Maintenant quels sont vos besoins ? Les vôtres à vous toute seule ?

– Des vacances ! Je veux recommencer à voyager ! Mais bon Baptiste n’est pas franchement un globe-trotteur, il veut pas s’éloigner de son jardin trop longtemps.

– Et vos enfants ?

– Ils en rêvent de partir voyager !

– Qu’est-ce qu’il vous empêche de partir sans Baptiste ?

– …

– …

– Ben rien en fait. En plus il serait le plus heureux je sûre ! C’est un solitaire mon homme. Même que je devrais proposer qu’on parte aux vacances de printemps 15 jours, comme ça les gros travaux seront finis et il aura le champ libre pour aménager le jardin à sa guise sans nous avoir dans les pattes.

– Où voulez-vous partir ?

– Hummmm… faut que je regarde le budget que je peux mettre et ensuite proposer aux enfants de choisir, comme ça on construit notre projet ensemble, comme je faisais avec mes parents. On passait des soirées entières à créer notre voyage ! Je crois que j’aimais autant que le voyage ! Par contre je veux un endroit où je ne suis pas encore allée, histoire que moi aussi je découvre et j’apprenne ! Roooo ça ça me fait vibrer ! Et puis il faut que je me remette à lire. Je lis plus ! Je vais dire à Baptiste qu’il me crée un joli coin lecture sous le grand tilleul au fond du jardin.

– Et dans la maison ?

– Oui c’est vrai je peux aussi en faire un dans notre chambre, on a une grande suite parentale, y a la place à côté de la grande fenêtre de mettre… rooooo j’ai vu un pouf géant hier en pub sur Insta ! Le truc tellement grand qu’on s’y love entièrement dedans ! Avec un bon gros plaid pour l’hiver… Et vous savez quoi ?

– Dites-moi

– J’crois que je vais me mettre au piano ! J’ai toujours rêvé d’apprendre et j’ai jamais pris le temps

– Autre chose ?

– Heu… j’crois pas…

– Ok, fermez les yeux. Fermez les yeux et imaginez… Imaginez Lise, Lise qui prépare le voyage avec ses enfants, les cartes sur la table, l’ordi ouvert, le guide du routard… Elle est pleine d’entrain… Ressentez comment elle se sent, comment elle bouge… Voyez-là partir en vacances, découvrir de nouveaux lieux, rencontrer de nouvelles personnes, s’exercer à une nouvelle langue… Ressentez, humez… Et voyez-là maintenant de retour chez elle dans cette maison qu’elle a tant voulu, avec son jardin, son coin lecture sous le tilleul, son coin cosy dans sa grande chambre… Ressentez… Regardez-là bouger, vivre, vibrer… Ressentez… Et maintenant inspirez images et sensations et ramenez tout cela ici et maintenant dans votre corps, jusqu’au bout des pieds, jusqu’au bout des mains, dans votre cerveau, dans vos cellules, dans vos muscles… Inspirez… Ramenez images et sensations… Vous vivrez à l’unisson avec elle. Vous êtes elle. Vous ne faites qu’un. Vous vibrez la Vie. Quand vous vous sentez prête laissez votre corps faire ce qu’il a besoin… s’étirer… bailler… souffler… puis vous pouvez rouvrir les yeux comme si c’était la première fois que vous découvrirez cet endroit…
Lise prend quelques minutes, s’étire, baille, ouvre ses yeux, tourne la tête, regarde à droite, à gauche, derrière, devant…

– C’est fou j’avais même pas vu ce tableau !
Elle me montre la toile, juste en face d’elle, de ma divine guerrière Massaï (celles et ceux qui sont venus au cabinet de Fréjus la connaissent bien 😉).

– Comment vous sentez-vous ?

– Bien !! Enfin c’est étrange, bien et en même temps vidée.

– Allez-y tranquille aujourd’hui et demain. Laissez les choses s’intégrer. Et observez. Je vous propose que nous nous revoyions d’ici 3 semaines, un mois pour faire un point.

– Ah pas avant ?

– Ça ne me semble pas nécessaire, laissez les choses s’intégrer, prenez soin de votre vibration, de vos besoins, expérimentez, réajustez si besoin… Evidement s’il y a quoi que se soit vous m’appelez et on avise.
Je l’ai revu quelques temps apres, elle est partie en Croatie 15 jours au printemps avec ses enfants, son Baptiste à fait un sublime jardin « avec un coin lecture trop mignon, tout bucolique » et même qu’ils ont décidé de partir en famille 3 semaines cet été-là en camping-car à la découverte de l’Irlande. Et le potager de Baptiste alors ? Ils ont loué leur maison à des amis passionnés eux aussi de permaculture !
Et vous, qu’est-ce qui vous fait vibrer ? Nourrissez-vous suffisamment votre Être ?

Délicieuse journée jolis vous

Sylvie

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Précision : les cas ici contés sont simplement inspirés de plusieurs personnes, ce n’est jamais l’histoire unique d’une personne, secret professionnel et respect oblige . Les situations, dates, noms, pathologies et lieux ont été modifiés

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Confidences

Mon pouce et mon index planté dans ses yeux et je touille, je touille jusqu’à ce qu’il me supplie d’arrêter et efface de sa bouche cette phrase… qu’elle phrase me demandez-vous ?
Peu importe la phrase. Elle a cet effet sur moi alors que pour certain.es elle serait anecdotique. Et à qui j’envisage de touiller les globes oculaires ? Fiston of course !

Alors cette phrase prononcée ce matin là, comment vous dire…. elle réveille en moi une énergie dévastatrice et machiavélique. Même moi ça me surprend ! Comme si il avait appuyé sur le bouton nucléaire sans le savoir ! Il sait pas où il a mis les pieds avec cette phrase fiston. Il sait pas que cette phrase prononcée me fait oublier qui je suis, m’ôte tout instinct maternel et allume chez moi un feu puissant. Il ne savait pas. Maintenant il sait 😁 J’ai déjà démarré au quart de tour en (plein, plein) d’autres occasions mais là… j’suis passée en 15 secondes de 90 à 230 km/h. Accélération record, fiston collé au siège. Lui qui voulait que je lui foute la paix de bon matin à récolté la guerre. 10min à pas décolérer… jusqu’à ce qu’il parle sans un mot ni « désolé mam’s », ni « à ce soir ». Ce grand c** (je vous rappelle que la phrase dite me fait oublier tout lien et amour filial… 🤪), donc ce grand c** me laisse en plan avec mon volcan et son éruption explosive de type strombolienne
(Nota benne : éruption qui projette des bombes incandescentes, dont la taille peut atteindre plusieurs mètres, à des hauteurs de plusieurs centaines de mètres…)

Et que ce passe-t-il dans ces moments là ? Une fois la porte fermée tout disparaît comme par magie et je redeviens souriante, douce, zen oubliant jusqu’à l’évènement ? Le soir venu quand revient le fils prodige tout se passe comme si rien ne s’était passé ?

Que nenni !! Une fois la porte fermée et le fiston parti il me faut trouver où déverser tout cela. « Et les techniques que tu connais, pratiques et transmets, Syl ? ». Pas le moment. Incapable à cet instant là. Je me doute bien qu’il a appuyé sur une part blessée et souffrante et ainsi fait ressortir de vieilles mémoires… Mais bon, chaque chose en son temps. Alors je rumine, je radote auprés des copines, je rerumine, je reradote… J’en évacue un peu au passage et j’enfoui le reste. Je vis une jolie journée. Je me sens prête à avoir une discussion avec lui en rentrant, à partager mes ressentis et à comprendre les siens.

Re que nenni !!! A mon retour je le croise, il s’apprête à sortir. Je lui lance un « et on ne reparle pas de ce matin ». Il fait demi-tour et me dit « si tu veux ». Je respire.
Note pour la suite Syl « mettre de côté n’est pas traiter » 😁 C’est pas comme si c’était mon job 🤪
Bref il a fallut moins de 5 minutes pour que le volcan strombolise à nouveau… Et qu’à fait Fiston ? Il est parti. Et me voilà à nouveau seule avec Strombio le volcan…. Je vous passe les 35 appels que j’ai fait sur son portable pour espérer verser ma rage… Il n’a pas décroché.

Pourquoi je vous raconte ça ?
Parce que c’est un cas d’école. Un magnifique et magistral cas d’école sur deux plans.

Plan 1 ➡️ Deux fonctionnements différents qui s’affrontent.
Personne 1 – la diseuse ou le diseux : besoin de sortir sa frustration, sa rage, sa tristesse, bref ses émotions pour se sentir mieux en parlant, râlant, criant….
Personne 2 – le taiseux ou la taiseuse : besoin de s’éloigner, de s’isoler pour évacuer son stress, sa rage, sa colère (…), préfère ne rien dire pour éviter que ses mots dépassent ses pensées

Vous l’aurez compris j’suis pas une taiseuse 😛 et là où il y a problème c’est quand la diseuse pense que le taiseux fonctionne comme lui et inversement.

Quand je râle j’exprime ce que j’ai à dire sur l’instant, je sors le trop plein. Je dégueule mon stress, mon angoisse de ne pas y arriver et plus l’autre est stoïque en face plus je me sens incomprise, pas soutenue, non respectée.
Quand il m’entend râler dessus il se sent agressé, non respecté. Il accumule, accumule, accumule. Tente de ne rien dire, se retient, se retient jusqu’à ce que la digue lâche et sorte des horreurs.

Plan 2 ➡️ Tu as la jambe cassée mais tu ne le sais pas, quelqu’un appuie sur ta blessure par inadvertance, si ça te fait mal est-ce de la faute de celui qui appuie ou de la blessure ? Qu’est-ce qui est le plus utile ? Le rendre responsable de ta souffrance et le maudire tant et plus ou t’occuper de ta blessure, la comprendre, la soigner et ainsi retrouver un corps en pleine santé qui fait que tu ne sentiras rien de plus qu’un doigt sur ta jambe si on n’appuie à cet endroit ?
J’ai fini par reprendre le pouvoir sur ma vie… au bout de 24h 🤪 je me suis occupée de cette blessure si douloureuse et ancienne qu’elle réveillait chez moi mes plus bas instincts de survie. Et vous savez quoi ? Elle était bien loin de n’être que la mienne… Toute une lignée de femmes hurlait avec moi cette souffrance…d’où la strombolite aigùe 🤪 En me guérissant je les guéris aussi, tout comme je libère la lignée d’hommes de siècles de culpabilité. Nous ne sommes qu’un.

Bref j’ai pas planté mon pouce et mon index dans ses yeux en touillant, en touillant jusqu’à ce qu’il me supplie d’arrêter mais c’était moins une ! 😱

Et vous ça vous arrive parfois de stromboliser ? Comment faites-vous quand le volcan est en pleine éruption ?
Au plaisir de vous lire

Délicieuse journée jolis vous

Sylvie

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Nouveau né

Voici le dernier né de mes contes métaphoriques qui est une partie d’un atelier que je vais animer dans un centre de loisir de Draguignan la semaine prochaine 😍

Les contes métaphoriques que je crée et illustre naissent très souvent en consultation ou à la suite de celles-ci. Ils viennent soutenir la libération, la transformation, le changement. Ils sont autant pour les adultes que pour les enfants.

J’ai créé celui-ci pour les enfants qui vivent des couchers compliqués. Il peut être écouté par l’enfant mais aussi être un support pour les parents, une inspiration donnant des clefs, des ressources pour un coucher plus serein.

Pourquoi ne pas jouer le jeu et créer votre sac à rêves à transmettre à votre enfants comme Oscar qui l’a reçu de sa maman ? Faites entrer la magie dans vos vies. Très vite le licorne s’est imposée à moi tout comme l’idée de créer des objets magiques en faisant fondre des crayons gras dans de jolis moules… ça me rappelait le sac à rêves que j’avais confectionné à ma fille il y a bien longtemps et auquel j’avais rajouté des craies « magiques » pour colorer ses rêves.

Ce conte est un support tant en consultation que lors d’ateliers que j’anime auprès d’enfants, il leur permet des couchers plus sereins et de merveilleux rêves qu’ils ont tant de fierté à ensuite partager avec nous. Puisse-t-il accompagner vos enfants, vous (re)connecter à votre propre magie et vous inspirer vos propres ressources.

Belle écoute

Sylvie Thaon

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C’est l’histoire d’une fille hamster

Première consultation pour une jeune fille de 11 ans et de ses parents. On est Mi-Juin 2020, l’an 1 après le COVID. Le couple vient consulter parce que la relation avec leur fille s’est fortement dégradée ces dernières semaines. Tout est sujet à conflit. Tout le monde est à cran. La séance commence, je demande à la jeune fille, que nous appellerons Tiphaine, quelle est la raison de ce rendez-vous, elle hosse les épaules et me lance un « pfff j’sais pô, ils trouvent que je suis pénible alors surement qu’ils espèrent que vous me changiez ». Voilà. L’ambiance est posée. Je lui explique que je vais donner la parole à ses parents et lui demande d’être attentive pour que nous puissions ensuite échanger ensemble. Le père puis la mère exposent la raison de ce rendez-vous. Ils expriment leur impuissance mêlée d’exaspération face au comportement de leur fille qui s’oppose à tout et tout le temps, ne savent plus comment la prendre. Ils veulent retrouver leur fille. Tiphaine ponctue les propos de ses parents de hochements de tête, de « pfff » dédaigneux. Je lui demande de noter dans sa tête ce qu’elle ressent pour qu’elle puisse ensuite me le partager.

C’est toujours un moment spécial quand nous démarrons des séances familiales ou de couple. J’ai parfois l’impression d’être un équilibriste ou plutôt un jongleur de feu. Tout l’art est de passer du vidage de reproches à une communication bienveillante, basée sur ses besoins respectifs et finalement créer une vision commune vers où aller, se trouver, partager.

Sentant l’ado à fleur de peau je lui propose un mandala à colorier pendant que j’échange avec ses parents. Elle accepte, se lève prendre le classeur que je lui ai indiqué, choisi son mandala (tiens, tiens, un mandala géométrique, une belle rosace dans une beau carré…besoin de structure, de sécurité, de se recentrer ? 😉 ), s’installe et se met à le colorier.

Je demande aux parents depuis quand ont-ils « perdu leur fille », depuis quand la situation a-t-elle changée ?- Avril-Mai…

– Comment s’est passé le confinement ?

– Bien. Enfin dans la mesure du possible. On a une boîte, on travaille ensemble. Pendant le confinement on a fermé la boutique, on était à la maison avec notre fille. Ça nous a permis de superviser l’école à la maison tout en bossant pour la boite (on avait tellement de paperasse à faire entre le chômage partiel, la compta, les aides d’état…). Mais bon globalement ça s’est bien passé. On se relayait.

– Et avec Tiphaine ?

– Bien, on a passé de supers moments ensemble. Y avait un peu un côté vacances. On s’est remis à jouer à des jeux de société, à lire, à regarder des séries ensemble, à cuisiner…

– Alors quand est-ce que ça a basculé ?

– … (les parents se regardent en réfléchissant)

– Ben c’est facile ! Quand ils ont repris le boulot ! lance Tiphaine qui n’avait pas loupé une miette de la conversation.

– Et que s’est-il passé selon toi ?

– Il s’est passé qu’eux ils ont repris leur vie et pas moi !

– Explique-moi

– Ben j’ai toujours pas le droit de voir mes copines, je me « javélise » 20 fois par jour et même mes grands-parents je peux pas aller les voir parce que tu comprends « je peux les rendre malades ! ». A part que vu que je vois personne et que je suis une bouteille de gel hydroalcolique je vois pas comment je pourrai les contaminer ! Et puis en plus Papi et Mami, eux aussi ils sont malheureux et ils veulent qu’on se voit. Ils ont même dit qu’ils préfèrent prendre le risque d’avoir le COVID en voyant leur petite fille que de rester sans me voir et de souffrir. Alors je vois pas pourquoi c’est eux qui décident à ma place et à la place de mes grands-parents ! Ils habitent à côté, avant j’étais toujours chez eux quand papa et maman travaillaient et là j’ai que le droit de leur parler du portail !!!!! C’est n’importe quoi ! Ça nous fait tellement mal avec mes grands-parents qu’on préfère s’appeler par Whatsapp au moins on fait comme si on était en vacances. Et eux pendant ce temps là ils vivent leur vie ! Normal !

Ses parents la regardent les yeux écarquillés. Pas un mot ne sort de leur bouche. En même temps vu le débit et la puissance qui émane d’elle tout le monde sent bien que c’est pas le moment.- C’est simple on dirait que je suis Choupi, c’est mon hamster, je suis dans une cage, j’ai 2 ou 3 jeux pour me distraire, à manger et à boire et voilà ! Ah si moi j’ai le droit d’aller au collège en moitié de classe ! Wahou trop sympa ! Mais tu fais pas la bise, tu restes loin des copines… a ben ça s’est facile elles sont même pas dans mon groupe ! j’suis avec tous ceux que j’aime pas ! Bref la vie de rêve de Tiphaine le hamster ! Et après ils se demandent ce qu’il se passe !

Elle reprend ses crayons sans même un regard pour ses parents et se remet à colorier.- En effet ça m’a l’air bien compliqué à vivre tout ça ! Ça réveille en toi une belle colère, non ?

– Ben en même temps mets-toi à ma place !

– Sur une échelle de 1 à 10 tu dirais qu’elle est à combien ta colère ?

– 11 !

– Ok. De quoi as-tu besoin ?

– De sortir de cette cage !

– Et que ferais-tu si tu pouvais « sortir de cette cage » ?

– J’irais voir mes grands-parents et passer la journée avec eux. Je sais bien qu’il y a le virus et tout et tout. J’suis pas inconsciente. Je préfère pas aller à l’école, faire un test et aller mes grands-parents. Au moins je risque pas de les contaminer. Même que le mieux ce serait que je reste chez eux plusieurs jours. Vu qu’on sortirait pas on risquerait rien. Parce qu’ils me font des leçons mais eux ils voient des gens tous les jours au magasin. C’est eux qui risquent le plus de nous contaminer !
Je me tourne vers les parents restaient jusque-là silencieux :

– Qu’en pensez-vous ?
Le papa se réajuste, éclaircit sa voix…

– Je ne sais pas quoi dire, je pensais que tu étais contente de faire tes après-midi Whatsapp avec Papi et Mamie. Je ne savais pas que tu en souffrais autant. Pourquoi ne nous as-tu rien dit ?

– Vous passez votre temps au travail depuis le déconfinement et quand vous rentrez vous êtes fatigués et puis je sens bien que vous avez des problèmes, alors je me disais qu’il fallait pas que j’en rajoute.

– Oui mais bon ça t’empêchait pas de nous faire la vie pour un oui ou un non, lance la maman d’un air exaspéré

– C’était plus fort que moi !

– En effet, interviens-je immédiatement, c’est tout à fait cela « c’est plus fort que toi », et tu sais pourquoi ?

– Non

– Parce qu’une émotion est faite pour nous traverser, pas pour la stocker. Toi tu as tout retenu, ta colère d’être comme un hamster, ta tristesse de ne pas voir tes grands-parents, ton inquiétude de sentir tes parents soucieux, plus le chagrin de Papi et Mamie, plus le manque de tes copines… Tu as fait l’éponge. [je prends une feuille et un feutre, je dessine un récipient et je mets des flèches qui remplissent ce récipient… Chagrin… Colère… Peur…]. Et sais-tu ce qu’il se passe quand le vase est plein ? [je prends un feutre rouge et fait de grands traits qui jaillissent du vase] Ben il déborde et se transforme en volcan, un volcan qui explose pour un oui ou un non même sans le vouloir et en plus souvent pour des broutilles Mais bon c’est la meilleure solution qu’à trouvé ton cerveau.
-…

– Que pensez-vous de sa proposition d’aller quelque jour chez ses grands-parents ? demandai-je aux parents

– Si mes parents sont d’accord, je suis d’accord répond la mère

– En plus tu pourrais quand même faire tes cours en visio
Un sourire illumine le visage de Tiphaine. Je propose de continuer la séance seule avec elle. Elle accepte.
Le père prend la parole

– Avant de vous laisser toutes les deux je voudrai dire quelque chose

– Oui, allez y

– Tiphaine je suis désolé. Désolé de pas avoir compris que tu n’allais pas bien. Vraiment

– On croyait bien faire, rajoute la maman

– Vous avez fait de votre mieux et elle aussi. Et puis vous avez vu qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas puisque vous êtes ici 😉
Nous avons continué la séance toutes les deux, nous avons libéré les émotions bloquées grâce aux techniques de régulation émotionnelles GTSConcept, nous avons fait quelques deuils au passage (de la vie d’avant, des vacances en Martinique qui tombent à l’eau…) et nous avons recréé un futur, avec des séjours chez Papi et Mamie, des vacances en Bretagne chez sa cousine, des soirées jeux de société avec ses parents… Pas à pas elle s’est créé son programme. Elle y a mis les sensations… Elle se sentait joyeuse, gaie « et même joueuse ! j’adore taquiner et faire des blagues ! ». Quand ses parents sont revenus, elle avait tout un programme à leur présenter !

Délicieuse journée jolis vous

Sylvie
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C’est l’histoire d’histoires inracontables

Les techniques GTS Concept sont des techniques de régulation émotionnelle et de déprogrammation d’empreintes post-traumatiques. Ces techniques permettent d’accompagner les personnes quelques soient les traumatismes vécus (deuils, divorces, agressions…) et évidemment aussi les traumatismes liés aux attouchements, aux viols…

Ce sont toujours des séances délicates, évidemment des séances qui restent dans le domaine intime. Difficile pour moi de vous écrire une histoire sur ce thème. Et pourtant je ne veux pas faire l’impasse sur des maix. En parler c’est rendre visible la reconstruction, remettre de la Vie au coeur de l’Être meurtri dans sa chair et son âme. Alors aujourdhui plus que jamais, ce texte est seulement inspiré de l’histoire de ces hommes et femmes que j’ai accompagné sur ce chemin de croissance post-traumatique. Nous appellerons la personne Dominique, choisissant volontairement ne prénom unisexe, parce que oui des hommes aussi sont concernés par ces traumatismes. Si le thème vous semble difficile, prenez la liberté de ne pas lire la suite. Soyez doux.ce avec vous.

Lorsque Dominique vient me voir, elle est envoyée par une collègue thérapeute. Nous sommes en Janvier. Elle vient d’avoir 43 ans. Elle s’assoit, croise ses jambes, glisse ses deux mains entre ses cuisses. Elle prend la parole et m’explique qu’elle est allée voir ma collègue pour des problèmes gynécologiques récurrents et qu’au cours de la séance elle a craqué et à dis pour la première fois ce qu’elle n’avait jamais dit avant, en tout cas pas avec ces mots-là : elle a été violée. C’était la première fois qu’elle prononçait le mot. Pourtant ça date pas d’hier ! Ma collègue lui a donné mon numéro, elle a mis quelques semaines avant de se décider à venir, parce qu’elle voulait pas remuer tout ça, mais elle avait beau faire de toute façon ça se remuait en permanence. Surtout depuis ces 6 derniers mois. Depuis l’été dernier en fait. C’était devenu un enfer. Des flash, des cauchemars, de la brume…- Que s’est-il passé il y a 6 mois ?

– Ben rien de spécial je pense. On est parti en vacances avec mon mari, notre fille et des amis. Ça à commencé là mes cauchemars d’ailleurs ! Je me réveillais en sueur avec le cœur prêt à lâcher. Bref.
Elle reprend son récit… elle a été violée quand elle avait 8 ans par un oncle. Une seule fois. Son père l’a surpris. Il lui a mis une branlée, à ramené sa fille à la maison, il l’a porté, l’a douchée, consolée et mise au lit… Elle s’est endormie dans ses bras. Et voilà. Ils n’en ont plus jamais parlé. Elle ne sait même pas si sa mère l’a su. Ils n’ont plus jamais revu le frère de son père.

– J’ai continué ma vie comme si cet épisode n’avait pas existé. Mon enfance c’est juste un truc brumeux, j’ai pas ou peu de souvenirs. La première fois que ça m’a sauté au visage c’est quand j’ai eu mon premier petit copain. Je ne supportais pas qu’il m’embrasse, j’ai compris plus tard pourquoi. Des lèvres sur les miennes… Flash-back… Brume… Il a été tellement patient. Et pourtant j’étais à 1000 lieux de faire des liens. Un jour nous étions au lit entrain de faire… bref vous voyez quoi… et là une porte claque. Je me suis figée, pétrifiée. Je n’étais plus là. Une poupée de chiffon. Il n’a rien compris. Moi non plus. Juste mon corps qui se met à trembler, trembler, trembler, lui qui me prend dans ses bras et me berce jusqu’à ce que je m’endorme. Et au réveil cette brume toujours. Des exemples comme ça j’en ai des tonnes. J’ai fini par le quitter au bout de 8 ans. C’était trop.

– Vous aviez quel âge ?

– 24 ans
Je lui serre un verre d’eau. Elle boit une gorgée et reprend de ce même ton monocorde.

– Je suis restée seule quelques années. Je me suis consacrée à ma vie pro. Ça a été dur les premières années. Je suis tombée sur un patron horrible. Collant, misogyne, sexiste… Il m’a harcelé pendant des mois. J’ai fini par en parler à des copines lors d’une soirée et j’ai vu dans leurs yeux qu’il y avait un truc qui clochait. Que c’était pas juste déplacé. Elles m’ont aidé à me sortir de son emprise.
Puis j’ai rencontré Benoit, c’était chouette avec lui. Il me faisait rire, d’ailleurs même quand il m’arrivait d’être dans la brume il trouvait toujours un truc pour qu’on en rit et ça passait comme ça. On s’est marié et on a eu notre fille. Sybille. Elle a 8 ans et demi.

– Elle est de quel mois ?

– Août

– Donc il y a 6 mois votre fille a eu 8 ans.
Dominique ouvre grands ses yeux et colle sa main à sa bouche.

– Oh p* j’avais pas fait le lien !

– Quel lien ?

– Ben l’été dernier, pendant les vacances avec les amis, et ben on a fêté les 8 ans de ma fille ! L’âge que j’avais quand ce porc a abusé de moi ! 8 ans ! J’étais une enfant bordel ! Quand je vois ma fille, comment peut-on faire ça à une merveille pareille ? Elle est l’innocence même bordel ! Et comment a-t-on pu imaginer que j’allais oublier ! « ça va passer » ! c’est ce que mon père me disait en me berçant, ça me revient ! J’ai encore sa voix dans mon oreille ! Comment a-t-il pu imaginer que c’est un truc « qui passe » !!

– Dans quelle oreille ?

– La droite

– Quelle sensation ça fait ?

– Ca crispe

– A quel endroit ? Dans l’oreille ? A l’extérieur ? Dans…

– Dans le conduit là (elle me montre son coup, sous l’oreille)
Nous commençons le traitement post-traumatique par la technique AK3 (auditif/kiesthésique) des techniques GTS Concept pour libérer cette empreinte toujours vivante et présente.
S’en suit une séance où nous alternons les techniques directes (sur ses ressentis présents) et les techniques projectives (sur écran de visualisation ce qui permet une mise à distance) auquel nous rajoutons quand nécessaire un voir deux plexiglass entre « l’écran » et elle de façon à ce que nous puissions traiter tout en la préservant, elle, ici et maintenant, en sécurité, avec moi dans ce cabinet. Du tapping permet aussi une régulation et une réharmonisation énergétique. Nous terminons cette séance par un travail de dissociation entre sa fille et elle, de façon à ce qu’elle libère sa fille du poids de son propre vécu et qu’elle puisse la voir dans toute son innocence et sa beauté.
Je lui ai expliqué la loi morcélaire du cerveau qui permet de stocker dans notre cerveau par cases (case sourire, case sourcil, case contexte, case odeur, case habit, case…) ainsi il suffit qu’un seul élément fasse penser à l’agresseur et hop ça revoit au trauma. Aujourd’hui c’était l’âge. 8 ans. Avec son premier amoureux ça a été la sensation des lèvres sur les siennes, la porte qui claque et tant d’autres… Même la tendresse de ce gentil garçon qui la berce la renvoie à cet épisode et à son père qui l’avait bercée.

– Combien de fois quand on se disputait je lui hurlais « tu n’es pas mon père ! ». J’avais jamais fait le lien. Enfin pas consciemment. Le pire c’est que quand je l’ai quitté le seul truc que j’avais à lui reprocher c’était qu’il était trop gentil avec moi, trop enveloppant, ça me mettait dans des colères folles.

– Vous comprenez maintenant ce que ça réveillait chez vous

– Ben carrément !
Je l’ai suivi pendant quelques temps. Il lui arrive encore de venir de temps en temps…La dernière fois que je l’ai vu sa fille démarrait sa puberté, voulait mettre des minis jupes et ça révélait chez elle de nouvelles peurs, de nouvelles angoisses, ça la bousculait sur son rapport à la féminité… Patiemment nous détricotons, nous allégeons et nous les rendons plus libres, elle et sa fille, d’être qui elles sont.
Voilà. Je ne pouvais pas écrire ces chroniques sans évoquer ces femmes, ces hommes et ces enfants qui ont vécu dans leur chair ces horreurs, parce qu’il est primordial que vous sachiez que l’on peut se relever de tout. Même du pire. Chacun d’eux force mon admiration, j’ai un immense amour pour eux, pour vous, pour nous, pour l’être humain capable de tout transcender. Alors si, toi qui m’as lu jusque-là, tu es concerné.e sache que tu peux te libérer de ces chaînes et reprendre le pouvoir. C’est ce que l’on appelle la résilience, ou la croissance post-traumatique. Ne reste pas seul.e. Fais-toi accompagner.

Vous avez aussi cette magnifique communauté pour vous accompagner et vous soutenir ❤ Les Résilientes

Je crois en toi. Je t’aime.

Délicieuse journée jolis vous

Sylvie

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Confidences

« Sylvie, tu souris tout le temps toi ! Comment tu fais ?! »
Alors soyons clair… c’est loin, trés loin, d’être exact, mes proches pourront en témoigner 🤪
En revanche il y a une chose qui est juste : je m’efforce de sourire le plus possible, de plus en plus, même quand ça ne va pas, même quand ça bouscule à l’intérieur. C’est comme une politesse que je fais à la Vie pour la remercier de me faire vibrer et ressentir. Oui parce que la Vie c’est aussi se recroqueviller de peur, se mettre en boule dans son lit, éclater en sanglots ou exploser de colère, la Vie est mouvement, énergie, vibration et j’aime ressentir. Tout, toutes ses couleurs, toutes ses saveurs même l’amer, le âpre ou le brûlant parce qu’après vient le pétillant, le doux, le chaleureux, l’enveloppant, le joyeux, l’extase…

Alors oui je souris, pas pour masquer, pas pour cacher, pas pour éviter, je souris parce que ces tourbillons me rendent vivante au même titre que la joie qui pétille en moi. Et je prends rendez-vous avec moi, dans mon intime seule ou en me faisant accompagner et là je chéris, j’écoute, j’accueille, je console, je libère… pour que mon sourire soit encore plus grand, mon rire plus franc, ma joie de vivre plus authentique et mon amour pour la Vie plus contagieux.

Alors oui je souris souvent, c’est une politesse que je fais à la Vie et un cadeau que je fais au monde. Ah oui parce que je ne vous ai pas dit ! Ma mission sur cette terre ? Rendre le sourire au plus de monde possible ! Et vous ? Souriez-vous à la Vie ?

Délicieuse journée jolis vous

Sylvie

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C’est l’histoire

Premier rendez-vous avec un jeune homme de 9 ans. Disons qu’il s’appelle Hector. Il vient me voir avec sa maman pour de l’anxiété, particulièrement au coucher le soir qui est devenu un enfer.
Je demande à sa maman de m’exposer l’objet du rdv, pendant ce temps-là, les yeux d’Hector parcourent toute la pièce dans ces moindres recoins. Je l’autorise à se lever pour voir ce qu’il n’arrive pas à voir et il file regarder derrière le grand rideau blanc, découvrant des étagères remplies de boites et de trésor (l’espèce de création qui me sert dans les séances en thérapie par l’art). Il revient s’assoir, sa mère à fini d’exposer la situation. Je me tourne vers Hector et lui demande s’il a quelque chose à dire, à préciser, à réajuster. Ni une, ni deux, il ajuste sa position, plante ses yeux dans les miens et me lance un- Oui ben tu comprends moi je peux pas dormir, c’est pas possible ! J’ai des tonnes de questions dans ma tête ! Mais mes parents ils comprennent rien ! Maman me dit que je fais exprès de poser des questions pour pas aller dormir et papa il me dit tout le temps que je le fatigue avec mes questions. Comme si je pouvais empêcher mon cerveau de réfléchir ! Autant mourir !
Son regard planté dans le mien jauge ma réaction, je suis là, présente et à l’écoute. Je sens sa mère frémir en le voyant répondre ainsi.

– Veux-tu rajouter quelque chose ?

– Oui. Tu sais moi je sais. Y a un autre truc qui m’empêche de dormir : c’est la nouvelle maison. Y a un truc qui cloche. Surtout dans ma chambre, c’est pour ça que je veux toujours dormir au salon. Mes parents ils pensent que c’est pour être avec eux mais c’est même pas ça parce que je reste dormir sur le canapé s’ils me laissent.

– Hector tu viens dans le salon te coller à nous pour t’endormir.

– Ben non ! Tu vois tu comprends rien ! Regarde la dernière fois quand il y avait marraine vous étiez dans la verranda et moi je suis sorti de ma chambre et je suis allé dormir sur le canapé ! Même que vous ne vous en étiez même pas rendu compte !

– Oui c’est vrai

– Et comment expliques-tu cela ?

– Je sais pas, je me sens pas bien dans la maison, surtout surtout dans ma chambre. Quand je rentre dedans ça me serre dans mon corps, j’arrive plus à respirer.

– Même la journée ?

– Moins la journée, c’est surtout quand la lumière du jour elle baisse, avant qu’il fasse complètement nuit. C’est comme si….. (Il suspend sa phrase et plante ses yeux dans les miens, puis tourne le regard vers sa mère)

– Hector, je te propose que nous continuions la séance ensemble toi et moi, qu’en penses-tu ?

– Oui je veux bien
Je raccompagne la maman et vient me rassoir.

– Tu avais commencé une phrase, tu me disais que c’est surtout quand la lumière du jour baisse, avant qu’il fasse complètement nuit. C’est comme si…

– Dis, je peux tout dire ici ?

– Oui tu peux.

– …. (battle de regards). Ok, ben en fait j’ai vu quelqu’un à la fenêtre. Il cherche à rentrer dans la maison. C’était sa maison avant et il comprend pas pourquoi il ne peut plus rentrer.

– Ok, explique-moi tout. Tu l’as vu plusieurs fois ? C’est un adulte ? Un enfant ? Tu te sens comment quand tu le vois ?
S’en suit une conversation où Hector m’explique toute l’histoire, ses peurs, ses doutes, ses ressentis d’un débit soutenu comme s’il avait peur que je l’interrompe, où que les mots se bousculent pour sortir. Je lui propose papier, feutres et crayons et il dessine, dessine dessine. Une feuille, puis une autre et encore une…. Enfin il peut tout mettre, bien plus que les mots qui se bousculaient.

– Et tu vois et bien là c’est la fenêtre, là c’est moi. Là y a le truc et là…. Il saisit une craie grasse et remplit l’espace entre lui et le truc de noir… et bien là c’est tout le truc que ça fait que je suis pas bien !
Il pose le crayon, s’affale sur la chaise et me regarde.

– Voilà ! Tu sais tout maintenant ! Je suis fou tu crois ?

– Toi qu’en penses-tu ?

– Ben j’crois bien !

– Est-ce que ce que tu ressens est réel ?

– Le truc ?

– Dans ton corps, ce que tu ressens, est-ce que c’est réel ?

– Ah ben ça oui !

– Alors tout va bien. Je fais confiance à nos ressentis, toujours. Peu m’importe l’histoire qu’on peut se raconter autour, savoir si c’est un fantôme, si c’est ton imagination, si c’est…

– Un gobelin ! Je suis pas fou si je dis que c’est un gobelin ?

– Non plus ! Regarde…. (je me lève, vais chercher un livre et le pose à la verticale sur la table, lui voit une face et moi l’autre). Décris-moi ce que tu vois.

– Ben un ivre

– Non ça c’est ce que ton cerveau en conclu en voyant l’objet. Décris juste ce que tu vois. Je te montre. Je vois un rectancle vert et jaune avec une petite photo à gauche et des écritures regroupées en 2 parties. En bas à droite il y a des traits noirs les uns à côtés des autres avec des chiffres en desso…

– C’est bon j’ai compris. Alors… Je vois un rectangle jaune avec deux mots écrit en gros en haut, une image au centre et d’autres écritures en bas, des grosses et puis des toutes petites tout en bas.
Je me lève et positionne l’ours Caramel entre nous, assis en contre bas

– Tu veux bien te mettre à côté de lui et me dire ce que voit Caramel ?
Il y va et me dit

– Lui il voit juste un tout petit rectangle blanc cassé et fin (la tranche de livre). C’est tout.

– Suis-je folle quand je te dis que je vois un rectangle vert et jaune avec une petite photo à gauche et des écritures et des traits noirs les uns à côtés des autres avec des chiffres ?

– Ben non !

– Et Caramel est-il fou quand il nous dit qu’il voit un tout petit rectangle blanc cassé et fin ?

– Et toi ? Es-tu fou quand tu me dis que tu vois un rectangle jaune avec des mots écrit en gros ou tout petit ?

– Ben non !

– Alors es-tu fou si tu me dis que c’est un gobelin ?

– Ben non parce que c’est ce que j’ai dans mon cerveau !

– Voilà, tu as tout compris.

– Le problème n’est pas de savoir si tu as raison ou tord, chacun pourrait donner son avis et « sa » vérité, le problème c’est que ça te met tellement pas bien que tu n’arrives pas à dormir dans ta chambre

– Pourtant j’aime bien mon lit ! avant qu’on arrive dans cette maison je dormais super bien dans mon lit ! C’est moi qui l’avait choisi à Ikéa, il est tout moelleux. C’est pas comme le canapé !

– Alors faisons en sorte que tu puisses redormir dans ce lit si moelleux !
Nous avons poursuivi la séance par un travail de déprogrammation d’empreintes post-traumatiques et de régulation émotionnelle avec les techniques projectives GTSConcept de façon à libérer les charges émotionnelles liées aux images et sensations que procuraient la chambre à la tombée du jour. Nous avons au passage croisé un souvenir de dispute familiale le week-end de déménagement, dont Hector avait entendu les échos alors qu’il venait de se coucher, et qui avait terminé par la mise à la porte de son Tonton. Et pour terminer nous avons repris feuilles, crayon et feutres pour dessiner cette nouvelle chambre, trouver comment l’aménager et en faire la « plus belle chambre du monde ».

Je l’ai revenu 3 semaines après. Il est rentré, a demandé à son père de rester dans la salle d’attente, s’est assis face à moi, à planté ses yeux dans les miens et ma lancé- Bon vu que je peux tout te dire, j’ai réfléchi. Je peux toujours tout te dire, hein ?

– Oui, oui tu peux.

– Bon ben voilà, les émotions et bien elles ont des couleurs.

– Explique-moi.

– Et bien quand je vois les gens par exemple et bien je peux te dire quelle émotion ils ont.
….
Mais ça c’est une autre histoire….

Délicieuse journée jolis vous

Sylvie

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Précision : les cas ici contés sont simplement inspirés de plusieurs personnes, ce n’est jamais l’histoire unique d’une personne, secret professionnel et respect oblige 😁. Les situations, dates, noms, pathologies et lieux ont été modifiés

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Confidences

Dimanche. Rien de prévu au programme… que je croyais 😁

10h. Je sors mes pinceaux, mon aquarelle, mes Posca, mes Stabilo fins… bref mon p’tit bazard créatif 😁

C’est un appel du ❤.
Je me connecte de 💓à 💓 avec une jolie ptite âme qui vient de faire son entrée sur Terre. J’aime quand ça démarre comme ça 😍 Je me mets à la disposition de ce qui est. Parfois c’est le conte qui vient en premier, parfois c’est l’illustration.
Et aujourd’hui c’est l’illustration. D’un coup m’est revenu un ancien croquis que j’avais fait et qui dormait dans ma boîte à projets. C’était le moment. Il était celui dont ptit Léo avait besoin.
Je mets de la musique…
Le temps se suspend.
Rien ne compte que l’instant et cette conversation avec ce ptit bout. Mes doigts crée ce dont il a besoin. Mes coups de pinceaux agissent comme un baume sur son nouveau corps. Mon coeur nourrit son âme…
Douceur. Protection. Cocon. Berceuse.

Midi. Sa maman m’envoit un message, son ptit bout ne fait que dormir. Il dort, il dort, il dort.

Je me remets à l’ouvrage.
Mama Terre l’accueille en son sein.
Son coeur vibre au rythme des battements du coeur de la Terre 
La brise fait se balancer le berceau.
Le soleil le réchauffe.
Il se dépose, se love.
Il est là.
Enfin.

17h30. Le mandala d’intuition est terminé. La vie a fait son oeuvre à travers moi. J’aime. Je suis toujours émue quand je prends la photo finale.

Le conte viendra quand il viendra.
J’apprends à laisser venir 😉
Et vous quelle histoire vous inspire ce mandala d’intuition ?

Vous pouvez découvrir sur la chaine youtube quelques uns des contes existants

Au travers de ces contes et de leurs illustrations (mandala d’intuition) j’invite le lecteur ou le spectateur auditif à se laisser embarquer dans les aventures du héros et à explorer avec lui de nouvelles solutions, un nouveau point de vue sur une situation vécue. Je me connecte de coeur a coeur avec la personne et me laisse guider par ce qui est. Je laisse la Vie faire son oeuvre. Je mets ainsi le langage métaphorique au service de l’Être, des épreuves qu’il traverse pour faciliter le passage des étapes de vie. C’est un baume pour son âme. 

Vous voulez en créer un ou en offrir un ?

Toutes les infos ici

Délicieuse semaine jolis vous

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Dis, tu savais que tu es un créateur né ?

« Non je glande pas sur le canapé !!! Je crée des ondes pour être plus créatif.ve ! » . Voilà c’est cadeau. tu as une excuse béton 🤪 Ne me remercie-pas, ça me fait plaisir 😁

PS : petit concours annexe… combien de fois « en fait » est-il prononcé dans cette vidéo ? 🤣

Délicieuse journée joli toi

Sylvie

#coaching #developpementpersonnel #neurosciences #neurosciencesaffectives #neurosciencescognitives #neurosciencesemotionnelles #neurosciencescomportementales #neuroeducation

[C’est l’histoire d’un tsunami qui menaçait de déferler]

Une dame arrive dans mon cabinet, nous l’appellerons Jeanne. Elle porte des lunettes de soleil, s’assoit, s’installe calmement, chaque geste est précis. Comme si elle avait besoin de tout mettre en place avant de commencer. Je lui propose un thé. Elle accepte, retire ses lunettes en s’excusant de ne pas être présentable. Pourtant au premier regard je l’ai trouvé classe, avec de la prestance et là aussi même sans ses lunettes de soleil, elle est maquillée, coiffée… Mais peu importe, ce qui compte c’est son ressenti : elle se sent toute bouleversée, pas présentable, anéantie. Il y a une semaine son compagnon s’est donné la mort dans leur tout nouveau chez eux. C’est elle qui l’a découvert en rentrant des courses. Elle prend une gorgée de thé et reprend le récit d’un ton monocorde, détaché, factuel jusqu’à aujourd’hui.
Je lui demande ce qu’elle attend de cette consultation. Elle me répond « que je puisse reprendre mon travail, j’adore mon métier, je sais qu’il est essentiel à mon équilibre et là j’ai essayé d’y retourner deux fois et à chaque fois j’ai dû reparti tant j’avais envie de pleurer quand je vois mes collègues »

– Et le reste du temps vous n’avez pas envie de pleurer ?

– Non. Le reste du temps j’ai tant de chose à faire ! Je dois trouver une solution pour la maison que je ne peux pas garder seule, gérer les pompes funèbres, les paperasses, ses enfants qui pinaillent, nettoyer la maison… même le soir quand je me retrouve seule je ne peux pas pleurer, j‘ai ses deux chiens qui me regardent avec leur air désespéré au pied du lit.

– Et au travail vous n’avez pas de quoi vous occuper ?

– Ohhhh si !!!

– Alors qu’est-ce qui fait que, là, vous fondez en larmes ?

– C’est mes collègues ! Leur regard ! Il y a tant de peine dans leurs yeux quand elles me regardent ! C’est comme si ça réveillait la mienne !

– Et c’est embêtant ?

– Ah ça oui ! J’ai pas besoin de ça maintenant ! C’est trop énorme ! J’peux pas ! Si je relâche c’est un tsunami qui va déferler ! Je peux pas me le permettre ! J’ai trop de chose à gérer !

– Ok, j’entends.

– Vous pensez que vous pouvez faire quelque chose pour moi ?

– Oui nous pouvons faire quelque chose pour vous.

– Nous ?

– Oui, vous et moi. Tout d’abord je voudrai, si vous me le permettez, que nous discutions un peu avec votre cerveau. Celui-ci est submergé par l’émotion et bien qu’il ait coupé le circuit pour éviter un court-jus il lui arrive parfois de déborder tant la tension est grande. Il a besoin de savoir que vous allez vous occuper de la vague, que vous lui promettiez de prendre soin de ces parts de vous « anéanties » comme vous m’avez dit tout à l’heure.

– Ben pour ça il va falloir qu’il me promette d’y aller en douceur, de pas tout balancer en une fois ! J’y survivrai pas !

– Ok. (Je prends une chaise et la place en face d’elle et d’un geste théatral j’annonce : )

– Je vous présente votre cerveau. Jeanne, qu’avez-vous à dire à votre cerveau

– (elle me regarde d’un air dubitatif)

– Faisons comme si il était là posé devant vous prêt à entendre vos doléances… Vous disiez que vous vouliez qu’il y aille en douceur c’est ça ?

– Oui j’ai besoin qu’il me laisse le temps

– Dites-lui directement à lui (je montre la chaise de la main)… Je veux que…

– Que tu sois doux avec moi ! Je peux pas prendre le tsunami dans la gueule ! Ca fait trop là !

– Ok (je lui tend la main, l’invite à se lever et à s’assoir sur la chaise du cerveau)

– Cher cerveau, qu’avez-vous à répondre à Jeanne ?

– …

– Dites tout ce qui vous passe par la tête, sans réfléchir, comme si vous étiez le cerveau. Cher cerveau, Jeanne demande que tu sois doux avec elle, qu’elle ne veut pas prendre le tsunami dans la gueule, qu’as-tu à lui répondre ?

– Ben ok juste si elle me promet de s’occuper de tout ce bordel c’est ok.
Je lui prends la main et l’accompagne vers la chaise de Jeanne.

– Jeanne, qu’avez-vous à répondre au cerveau ?

– Oui c’est promis, à condition que ça me permette de reprendre mon travail.

– Vous avez quelque chose à rajouter ?

– Non.

– Et votre cerveau ? (je l’invite à nouveau à changer de chaise)

– Promis, toi tu t’occupes du bordel et moi je m’occupe de ta reprise de travail. On tcheke ?

– On tcheke !
S’en suit une discussion où j’explique à Jeanne le fonctionnement du cerveau, comment ça se passe quand le limbique est envahi par les émotions, que le reptilien est en insécurité… comment identifier ses besoins et y répondre…. Elle reprend son souffle, met du sens dans ce qu’elle vit et ressent. La lumière revient petit à petit sur son visage.
Nous démarrons le travail par Jeanne au travail, comment elle se sent, la tristesse qu’elle voit dans les yeux des collègues, sa propre tristesse… on s’appuie sur ses ressources : son professionnalisme, la bienveillance dont elle est entourée, sa capacité de concentration, d’être focus…. On ajuste la vision, les sensations, on régule les émotions qui remontent jusqu’à ce qu’elle se sente bien, que la vision lui convienne… Puis elle intègre images et sensations…
Ceci fait je lui demande si elle a besoin d’autre chose. Elle me parle de sa difficulté depuis l’évènement à passer devant le garage et combien c’est pénible parce qu’elle est obligée de passer devant à chaque fois qu’elle rentre et sort. « C’est comme si à chaque fois que je passe devant ça aspirait le peu d’énergie que j’ai et j’ai juste envie de retourner sous la couette et qu’on m’oublie ». Grace aux techniques projectives de déprogramation d’empreintes post-traumatiques nous traitons les empreintes liées au garage : image, sensations, odeur, crissement des cailloux de l’allée… Quand c’est trop dur on rajoute un plexiglas entre elle ici dans le cabinet et la Jeanne sur l’écran (imaginaire) devant nous. Cette première séance a permis à Jeanne de s’offrir un espace pour ressentir, en toute sécurité, et à sortir du conflit interne « ressentir ou avancer » en trouvant un compromis.
Je l’ai accompagné sur plusieurs séances dont le thème de chaque séance était défini par son présent et ce vers où elle voulait aller. Parfois du coaching, des fois de techniques de déprogrammation d’empreintes post-traumatiques, ici des techniques de régulation émotionnelle, là un temps de relaxation et de ressourcement et bien sûr avec les techniques GTSConcept du deuil, parce qu’il y en avait des deuils à faire : de son homme, du projet à 2, de la maison, des chiens qui ont du partir auprès des enfants, du voyage qui était prévu pour l’été… petit à petit. Un pas après l’autre. En douceur comme elle le voulait.

Délicieuse journée jolis vous

Sylvie

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