- Mon papa il a eu un accident, il est à l’hôpital
- Il s’est cassé une jambe ?
- Non il est juste mort
- Ah bon ?
- Et puis tu sais tout à l’heure je vais dormir chez Alici
- Et tu es contente ?
- Oh oui !
Cette conversation je l’ai eu avec Melle 5ans, dans un des ateliers que j’anime.
J’en ai eu des similaires en consultation aussi.
Nous y abordons souvent la mort d’un frère, d’un parent, d’une grand-mère, d’un cochon-d ‘inde, d’un chat….
Et à chaque fois j’apprends d’eux. De leur capacité à se laisser traverser (voir envahir) par une émotion et la seconde d’après à reconnecter à leur joie, à l’instant présent pour peu que nous leur laissions l’espace de vivre cette émotion, de dire, de mettre des mots.
Evidemment c’est plus simple de ma place de thérapeute que de celle du parent, touché lui aussi par le deuil, souvent dans le contrôle de ses émotions « pour ne pas craquer, parce qu’il faut tenir ».
Et pourtant. L’enfant nous montre le chemin et se donne le droit à ressentir, le droit à exprimer.
La seconde d’après il va penser à autre chose.
Melle 5ans quelques minutes après, en coloriant un mandala à voulu que je lui dessine un cœur et en le coloriant elle a dit (comme si elle se parlait à elle même) :
- Un cœur pour mon papa d’amour que j’aime. Théo tiens je te donne le orange !!!
Comme des vagues. Ça vient et ça repart, puis ça revient et ça repart.
On n’arrête pas des vagues. Ni vous, ni moi, ni eux.
Nous veillons à ce qu’elles aient l’espace de faire leurs va et vient, simplement. Puis on les observe, juste.
Un jour, en consultation, une petite fille me dit d’un air embêté :
- Maman elle veut que je mette les fleurs pour mon frère au cimetière, mais mon frère il va pas les avoir mes fleurs.
- Ah mince alors, comment il faudrait faire pour que ton frère ait les fleurs ?
- Ben faut les mettre sur la terrasse et y aurait un oiseau qui viendrait les prendre et qui lui donnerait au ciel
- (CQDF)
Quand ma grand-mère est morte, ma fille avait 5 ans. Elle me pressait de questions existentielles et je m’embourbais dans des explications acadabrantesques, mes émotions refoulées, mes peurs, mon agnostisme… Lors d’un rdv avec un de mes thérapeute, a qui je partageais ma difficulté à toutes ces questions, il me donna l’un des plus précieux conseil que j’ai reçu dans ma vie : quand elle te pose ces questions existencielles, retourne lui la question : » je sais pas trop, tu en penses quoi toi (et tu répètes sa question) ?”. Et je fûs à chaque fois émerveillée par ses réponses si poétiques et consolantes ! J’aurai jamais fait mieux !
Délicieuse journée joli toi
Sylvie
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Précision : les cas ici contés sont INSPIRÉS de plusieurs personnes ce n’est jamais l’histoire unique d’une personne, secret professionnel et respect oblige. Les situations, prénoms, dates, lieux et pathologie ont été modifiés.